Parce que j’ai envie de faire découvrir ce blog, mi coffre aux trésors, mi cabinet de curiosités, toujours poétique et rare… Parce que la merveilleuse Cyd Charisse est morte le 17 juin, et que, sans doute, les esprits étaient trop occupés encore du décès d’Yves Saint-Laurent pour lui rendre hommage… (certes, elle aura moins marqué l’Histoire, mais j’ai une tendresse particulière pour les personnages mineurs, j’en parlerai peut-être un autre jour)… Parce que, aussi, en ce premier jour d’été j’ai envie que toute la saison ressemble à cela, ait la légèreté de cette jupe qui vole et s’épanouit comme un grand coquelicot blanc…
Finalement, sans doute pas l’expo Marie-Antoinette. J’en ai trop entendu parler, j’ai l’impression de la connaître déjà. Et puis, je n’ai jamais été fan de la reine, ni même du film de Sofia Coppola que j’ai trouvé joli certes, mais ennuyeux ! À la place, j’ai très envie de prendre le train jusqu’à Granville pour voir “Dandysmes 1808-2008, de Barbey d’Aurevilly à Christian Dior”, parce que là c’est un sujet qui me passionne. Et il paraît que le musée Dior, logé dans sa villa familiale, est particulièrement beau… Certes, ça fera une expo à quarante euros, puisqu’il faut se déplacer. Mais comme j’ai trente euros de bons de réduction SNCF, je pense me laisser tenter.
Moins loin, il y a l’exposition de kimonos à Bagatelle. Des pièces anciennes et modernes qui promettent d’être un ravissement, et un arrière-plan culturel fait de rituels et de virtuosité fascinant. Je ferais bien suivre cette visite d’un pique-nique japonais (avec makis végétariens faits maison et thé vert) dans la roseraie de Bagatelle, si le temps le permet. Et pour continuer dans le japonisme (et aussi dans le dandysme, puisque décadents et esthètes, Edmond de Goncourt en tête, en étaient fans), l’expo Hokusai au musée Guimet.
Enfin, ma “part obscure” est tentée par “L’image révélée” à Orsay : les quelques images que j’ai pu voir m’ont l’air spectrales et étranges à souhait. Et puis il y a le Cabinet des Curieux qui propose une exposition collective et composite, où douze artistes dark actuels (Nathalie Shau, Virginie Ropars, Alyz Tale, Andy Julia etc.) se mêlent à des objets anciens échappés de cabinets de curiosités. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre niveau qualité, mais cela éveille en effet ma curiosité.
Quelques liens intéressants (et tous en anglais) :
La leçon de coiffure de The Freelancer (moralité : j’ai bien compris le coup du tiré sur les côtés, mais il faut que j’investisse dans un fer pour discipliner tout ça, et aussi pour la prochaine fois où je voudrais me faire une fausse frange), celle de Casey, et les nombreuses pages consacrées à la question (il faut fouiller) de Miss Vintage.
Il y a quelques soirs, j’ai vu Gentlemen Prefer Blondes. Deux réactions, tout de suite : “Comment avais-je pu passer à côté ?”… Et : “On parlait du burlesque l’autre jour - c’est exactement l’esprit de ce film !”
Ça ne vous rappelle pas le costume de Jane et Marylin, au début ?
Oui, le burlesque est avant tout un esprit, quelque chose de léger, sexy et un peu gouailleur (un côté pin-up, quoi !) qui le différencie du strip-tease bête et méchant comme du numéro de danse plus sérieux. Le burlesque ne se prend pas au sérieux, c’est du pur fun et du plaisir des yeux, en technicolor de préférence, et avec une bande son qui fait bouger les hanches, que ce soit “Minnie the Moocher” ou “My Heart Belongs to Daddy”. Le burlesque, c’est, oui, du strip, mais c’est inséparable de tout un habillage élaboré précédant le déshabillage. Un écrin au corps qui finit presque nu - qui, à la fois, le met en valeur, en fait du rêve, et le fait passer presque au second plan, permettant ainsi de contourner les lois sur les bonnes moeurs, en prétendant offrir de l’art et non un simple strip-tease. Ziegfeld, l’un des pionniers en la matière, s’appuyait sur la tradition des tableaux vivants, et prétendait même que ses spectacles étaient parfaits pour les étudiants en médecine et en anatomie !
Le burlesque dont il est question ici est né à la fin du 19e siècle aux États-Unis. Il descend des revues style Folies-Bergère, et mêlait à l’origine comiques, chanteurs au répertoire coquin et numéros de “danse exotique” avec roulements de hanches (bump and grind) inspirés des danses orientales. Très vite, ce sont les girls qu’on vient voir, et des numéros s’élaborent, qui sont repris par les performeuses d’aujourd’hui : la danse avec deux grands éventails de plumes d’autruche, le “tassel twirling” (faire tourner dans un sens, dans l’autre, ou dans deux sens différents à la fois les pompons collés sur le bout des seins : il paraît que c’est très difficile !), la baignade (Lily St Cyr le faisait dans une baignoire transparente), l’utilisation d’accessoires géants (Sally Rand dansait sur un croissant de lune, ou avec un énorme ballon translucide)… Il s’agit d’en mettre plein la vue aux spectateurs, tout en gardant le strip-tease qui ancre le show dans le populaire plutôt que dans l’élitiste. On a même dit que le burlesque était une forme d’art typiquement américaine, et je pense que cela tient à ce côté populo.
Puis, les moeurs se sont libéralisées de plus en plus, et le burlesque a perdu de son attrait face au strip-tease moderne, où les filles montrent absolument tout en tournant autour d’une barre. Et puis, c’est revenu, peut-être parce que ce sexe trop cash, sans mystère ni jeu de séduction, a fini par lasser. Comme dans la mode, où les jupes trop courtes finissent toujours par rallonger… Il y a aussi eu l’idée, plus ou moins partagée, que le burlesque était une forme “féministe” de strip-tease, dans la mesure où il exige plutôt technique et humour que conformité à des canons de beauté. Gipsy Rose Lee, l’une des plus grandes artistes burlesques, était plate à une époque où on aimait les formes plantureuses. Aujourd’hui c’est l’inverse, et des femmes plus que pulpeuses, comme Dirty Martini, démontrent dans leurs numéros que la séduction n’est pas fonction de la minceur. Le burlesque est une célébration de la féminité sous tous ses aspects. D’accord. Il y a aussi l’idée que les filles prennent le pouvoir en décidant de leurs propres numéros, en portant à la scène leurs propres fantasmes, en dominant leur public. Mouais… Personnellement, parler de féminisme me semble exagéré, et vaguement à côté de la plaque, mais autant mentionner cette pensée assez répandue.
Dita von Teese, qui se moque pas mal de ce débat, a été parmi celles qui ont ramené le burlesque sur la scène. Voici quelques photos assez représentatives de ce qu’est ce strip-tease à paillettes et grand spectacle :
Quelques exemples de shows burlesques :
Sally Rand et ses éventails, à l’Exposition Universelle de Chicago en 1934
Dita et son verre géant (d’absinthe plutôt que de martini, cette fois)
Et puis le burlesque ça peut aussi être ça, des chansons gouailleuses et sexy comme celles de Kitten on the Keys, qui joue souvent les maîtresses de cérémonie entre les numéros de strip
Et quelques films avec l’esprit du burlesque : Gilda (la scène des gants !), Singing in the Rain (la scène avec Cyd Charisse), Some Like It Hot, Chicago (tous les numéros de danse, et la chanson “Razzle-Dazzle ‘Em” exprime parfaitement la philosophie du burlesque)…
NB - Je ne prétends pas être une autorité sur le burlesque, et j’ai peut-être fait des erreurs, ou trop simplifié. Ceci ne se veut qu’une “introduction” ou quelque chose de ce genre, rien de plus.
Blouse et fleur H&M. Pantalon à fines rayures bleu et blanc Gap (je l’aime bien, il m’évoque des vacances de garçon manqué). Salomés en satin rose André/Ebay (10 euros), parce que je ne vais pas me laisser abattre.
Le problème avec mon boulot de lectrice… Il y en a plusieurs, en fait. Le premier, c’est que je lis beaucoup MAIS que je ne peux pas en parler, parce qu’il y a quand même une certaine confidentialité à respecter. Je ne peux pas parler des bons livres qui peuvent intéresser mon éditrice, ni des mauvais que nous rejetons sans pitié (et c’est dommage, les romans abominables sont souvent très drôles à résumer). Tout ce que je peux dire, c’est que le flot du girlydark s’est heureusement un peu tari. Cela fait même plusieurs romans que je lis qui ne sont pas écrit à la première personne ! Parfois le personnage principal est masculin ! Je sais, c’est fou.
L’autre problème, c’est que la lecture sur commande interfère sérieusement avec mes lectures personnelles. J’avais mis deux semaines à finir Neuromancien, pas parce que j’avais du mal, mais parce que je devais continuellement m’interrompre et lire d’une traite un roman jeunesse. Et c’est très difficile de se replonger au milieu d’une histoire qu’on a quittée, de reprendre le rythme, quelle que soit la qualité du livre.
Donc voilà. Je suis un peu embêtée de ne pas parler de bouquins autant que je le voudrais, mais je ne peux pas. Et les frivolités prennent une place disproportionnée, parce qu’au moins les photos de mes tenues ne risquent pas de causer une crise diplomatique.
Le pour : ce sont les plus jolies chaussures, et ça fait les plus jolies jambes.
Le contre : je fais déjà un mètre quatre-vingt pieds nus, et mes chaussures essaient de me tuer.
Mes chères salomés violettes ont glissé dans l’escalier, j’avais les mains prises, j’ai dévalé une volée de marches. Toute ma jambe droite sera bleue demain. Et mes salomés, qui commençaient à avoir bien vécu, se sont un peu plus abîmées. Je crois que c’est bientôt leur fin…
Cette petite phrase qui se glisse sous des formes variées dans les boutiques Etsy (surtout !) ou Ebay : “Buy vintage, save the planet.” L’encouragement au consumérisme par l’argument écologique, largement utilisé aussi par des enseignes ayant pignon sur rue, je trouve ça absolument détestable. Si on voulait être honnête, il faudrait dire : “Buy less, save the planet”. Achète moins, achète mieux, trouve ton style plutôt que de suivre la mode, et puis apprends à prendre soin, à réparer ou à faire réparer pour pouvoir porter plus longtemps ce que tu achètes. Vintage ou pas. Evidemment, c’est moins vendeur.
Je sais bien que l’idée, c’est que le vintage consomme moins d’énergie que le neuf puisqu’il a déjà été produit, et qu’acheter du vieux plutôt que du neuf servirait à enrayer la surproduction. Dans les faits, je ne vois aucun résultat pour l’instant, sinon que les marques se sont mises à produire du “style vintage” (encore une expression Ebay qui m’énerve) puisque c’est à la mode. Quant aux acheteurs, la plupart ne font qu’additionner achats vintage et neufs.
Ce qu’il faudrait dire, c’est “Achète vintage, fais-toi plaisir” et c’est tout. Parce que la réalité, c’est ça, et que oui c’est agréable de posséder une pièce introuvable ailleurs et pleine de petits détails travaillés, dans une qualité de tissu qu’on ne trouverait jamais neuf à ce prix-là. Mais l’argument écolo ? Surtout quand le vendeur est enchanté de vous expédier votre robe des Etats-Unis par avion ? Laissez-moi ricaner.
Les Autres, que je n’avais pas vu au moment de sa sortie (je voulais y aller, mais c’était complet, alors ç’a été Mulholland Drive à la place), que j’ai finalement loué à la bibliothèque. J’ai été un peu déçue, j’en attendais sans doute trop à force d’avoir entendu ou lu des critiques encensant LE film de fantômes magistral. Oui, bon. Il n’a pas délogé The House on Haunted Hill ou Les Innocents de mon palmarès personnel (au passage : les deux livres dont ont été adaptés ces films, respectivement l’ouvrage éponyme de Shirley Jackson et Le Tour d’écrou de Henry James, sont des chefs d’oeuvre du genre) mais ce n’était pas désagréable à regarder. Nicole Kidman a un joli petit look tout en sobriété : derbies plates, tailleur en laine bordeaux ou pull violet foncé, longue robe de chambre sur chemise de nuit crème, quelque chose de presque masculin dans toute sa garde-robe, juste féminisée par ses courtes boucles blondes (la coiffure, toujours !). Et puis il y a la maison et, je n’y peux rien, je craque toujours pour les grandes et belles demeures vides. Dans les livres, dans les films, dans les images. C’est l’un des motifs qui fait le plus travailler mon imaginaire, et j’ai été servie avec ce manoir perdu dans les brumes de Jersey, sa longue façade et son porche, son parc automnal, ses escaliers et ses pièces si nombreuses qu’on s’y perdrait, son salon de musique au parquet en marqueterie, où personne ne joue du piano. Il ne manquait qu’une bibliothèque modèle “Belle et la Bête” disneyen pour que la fête soit complète.
J’aurais aimé dire aussi que j’ai vu Chinatown, de Polanski, mais le DVD (emprunté encore à la bibliothèque) était abîmé et nous a lâchés à la moitié. Dommage, ce film noir était parti pour me plaire avec ses intrigues, son détective (Jack Nicholson) tiré à quatre épingles (un costume différent par scène, ou presque, même pour aller crapahuter dans le désert et escalader des palissades la nuit) et son indispensable femme fatale (Faye Dunaway, magnifique). Une autre fois peut-être…
Et ce soir, profitant de l’absence de P., Les hommes préfèrent les blondes.