10 novembre 2009...19:20

Satan Wants Me

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zombie2La Zombie Walk du 31 octobre m’aura permis, outre de déambuler d’une démarche désarticulée en roulant des yeux ou attaquant les enfants au passage, de me faire dédicacer Les enfers du rock par Marie Meier, qui a assuré l’illustration de ce texte de Philippe Manoeuvre. Texte que j’ai enfin trouvé le temps de lire ce week-end (jusque-là je n’avais que regardé les images…) et qui est tout à fait savoureux. J’ai eu peur au début de ne pas apprendre grand chose, mais j’ai une culture musicale suffisamment incomplète pour que ma crainte se révèle infondée. C’est juste que les bluesmen du début, qui font des pactes avec le diable, je connais plus que la légende noire de Led Zep. Quoi qu’il en soit, ça m’a furieusement donné envie de relire Satan Wants Me, et donc de vous parler de ce bouquin délirant, traduit aux éditions Phébus sous le titre un peu plat de Satan & Co pour les non-anglophones de l’assistance.

satan

Nous sommes en 1967. Peter est un jeune étudiant en sociologie amateur de drogues et de pop music, qui trouve malin, avec sa petite amie Sally et Mr Cosmic, son meilleur pote, d’intégrer The Black Book Lodge, un cercle sataniste qui s’inspire d’Aleister Crowley. Au départ, c’est drôle. Les rituels sont érotico-kitsch, très Anton La Vey, et les satanistes paraissent surtout ridicules. Puis The Lodge s’immisce de plus en plus dans la vie de Peter (dont ce roman prend la forme du journal intime), et les choses deviennent nettement plus sinistres mais toujours  aussi drôles – à condition d’aimer l’humour noir…

En plus de son côté hilarant, ce roman est une véritable plongée dans les 60s sataniques, celles où messes noires et LSD faisaient plus ou moins bon mélange, où on expérimentait de nouvelles formes de pensée et de sexualité, celles que décrit Philippe Manoeuvre quand il raconte les flirts plus ou moins poussés des Rolling Stones, de Hendrix ou de Led Zeppelin avec la magick. Mine de rien, on y apprend des tas de choses à la fois sur l’époque et sur l’occultisme. Et c’est là qu’on comprend à quel point cette période est, au fond, proche des années décadentes de la fin du 19e siècle : même opulence un peu kitsch, même théâtralité, même expérimentations avec les sens, même fascination pour l’obscur. Pas étonnant que quelqu’un comme Louise/Pandora ne cesse de référencer alternativement l’une et l’autre.

9 commentaires

  • Aaaahhh, je suis attaquée par un zombie tentateur ! Encore deux livres que je lirais bien !
    Pour me venger, je te propose les livres de la collection Allia, ceux de Greil Marcus et de Nick Tosches sur la musique sont très intéressants.

  • Superbe grimage pour la Zombie Walk, que je regrette vraiment de ne pas avoir pu faire encore cette année d’ailleurs, et les deux livres ont l’air passionnants!

    Je suis ton blog depuis peu de temps avec grand plaisir, en partageant le même intérêt pour certaines de tes références, et j’aime beaucoup la manière dont tu te les appropries tout en donnant à tes lecteurs une vision très personnelle.

    Bonne continuation!

  • Wow, super maquillage, et avec les fringues venues tout droit d’un passé parallèle, le résultat est excellent.
    Je ne lis pratiquement rien sur le passé récent (après 45), tu me donnes envie!

  • Miss Sunalee : Bah tu sais bien que les zombies t’attaquent le cerveau ^^
    Je n’ai entendu dire que tu bien des bouquins d’Allia mais je n’en ai pas encore ouvert un seul…

    Libellule : Pourtant je faisais petite joueuse à côté de bien des participants ! L’année prochaine je ferai plus gore, là c’est discret et de bon goût… A part ça, merci, ça fait toujours très plaisir de savoir qu’on est lu et apprécié :)

    Polyreader : Le calot est un authentique Première Guerre mondiale, héritage d’un arrière-grand-oncle… Quant aux habitudes de lecture, ça fait du bien parfois de les bouleverser un peu – et ce livre, je le maintiens, est vraiment chouette.

  • Wouhou, j’aurais bien aimé voir la zombie walk!
    Quant au parallèle seventies-XIXe, vu mon petit sentiment (ou plutôt mon gros faible!) pour le flamboiement vestimentaire des deux époques (même si c’est plus perceptible pour l’une que pour l’autre), je ne puis que te suivre…

  • Bonjour Stella,
    J’aime vraiment beaucoup ton blog. Je trouve qu’il est tres représentatif de l’image de la femme moderne, ou tout du moins, de l’idée que je souhaite en avoir : féminin, glamour, cultivé, curieux, fantasque. J’aime particulièrement les billets “note littéraire”. Je note depuis quelques temps les references littéraires dont tu nous parles. A chaque fois, tes posts me donnent envie de lire.

  • Carlotta : Rendez-vous l’année prochaine alors !
    Pour le parallèle, je trouve que ça vaut au-delà du vestimentaire en fait, qu’il y a un état d’esprit proche… mais c’est peut-être une vision déformée, passée au prisme de mes intérêts personnels.

    Kiki Jones : Oh là là merci ! ^^ Et je suis très heureuse de voir que, régulièrement, mes histoires de livres “parlent” à mes lecteurs.

  • Je te suis aussi là-dessus (même si je n’ai pas ta culture de l’occulte), mais comment dire…
    velours, soie, fleurs, plumes, prune, cramoisi, noir ténèbre, bleu nuit, doigts bagués, reflets moirés, étoffes opulentes et parfums capiteux: je crois que c’est sous son aspect visuel et sensoriel que le parallèle entre ces deux périodes frappe le plus fort sur ma petite tête de folle de chiffons!

  • Oui oui oui pour les mots-clefs !… Mais du coup je m’interroge : pourquoi suis-je si sensible à l’esthétique fin de siècle tandis que celle des 70s me laisse assez froide ? (sauf pour certains styles masculins, cf. “Good Morning England”…)


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