4 juillet 2008...13:49

Défilé Blackitten

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Autant le dire tout de suite, les photos viendront plus tard. Demain peut-être pour celles de P., si j’arrive à le motiver pour qu’il m’en donne quelques-unes de présentables. Plus tard pour celles des trois ou quatre photographes pro qui nous ont mitraillées back et on stage. Je voulais en prendre aussi, pour faire une sorte de reportage sur les coulisses du défilé, mais, encombrée d’un gracieux sac de sport contenant mon énorme jupon de tulle et mes bottines, j’ai oublié l’appareil…

Toute personne s’intéressant un tant soit peu aux défilés sait une chose : c’est surtout beaucoup d’attente. Je suis désormais en mesure de le confirmer entièrement. Arrivée sur place vers 17h15, je n’en suis repartie que vers 23h !

Donc, ça s’est passé comme ça. J’arrive, avec quelques autres mannequins d’un jour (recrutées par Charlotte, la créatrice des corsets, parmi ses amies ou sur Internet ; un certain nombre sont des modèles photos, mais très peu ont l’expérience du défilé). On se pose, on vérifie que nos “silhouettes” sont bien complètes, et on attend les maquilleurs, qui arrivent bientôt. Nous devons aller nous faire maquiller et coiffer de l’autre côté de la rue, dans une salle de la Manufacture de Sèvres mise à notre disposition. Le problème, c’est qu’il n’est pas question de traverser la rue dans nos atours de défilé ! Il faudra revenir se changer dans la salle du show. En attendant, nous voilà parties, en laissant une note à l’attention des retardataires.

Il y a vingt-et une filles à préparer, quatre maquilleurs seulement et deux coiffeuses (et demi : l’un des mannequins, qui a des compétences dans le domaine, met la main à la pâte). Je passe parmi les premières, et tout de suite, je me dis que ça va être juste, vu le temps que passe ma maquilleuse pour me faire de sublimes smoky eyes tout en dégradés de violet et de noir (c’est décidé, il faut que je maîtrise cette technique – sublimes, je vous dis). La coiffure est plus rapide : les cheveux bien tirés en arrière pour un chignon formé d’une multitude de petites boucles. La laque pschitte dans tous les sens, et les coiffeuses commencent à criser : on est en rupture de barrettes, et les renforts n’arrivent pas ! Et c’est à ce moment qu’une pluie diluvienne se met à tomber ! Il est 19 heures, les filles patientent en buvant du rhum-orange et en bavardant. J’ai été charmée, d’ailleurs, par toutes ces personnalités et ces physiques si différents : il y a des douces et des exubérantes, des grandes, des petites, des fines et des pulpeuses, des blondes et des brunes… (il y a même un garçon, mais lui ne passe pas à la coiffure).

La pluie se calme, les quelques filles prêtes traversent la rue pour aller se changer. J’enfile enfin “mon” corset, c’est un plaisir. Avec lui, je porte un volumineux jupon à volants noir, qui m’arrive sous le genou, des bas et mes bottines victoriennes. On se lace les unes les autres, “serre plus en haut”, “ça va là, je te fais pas mal ?”, le genou dans les reins si c’est nécessaire, et je boucle les escarpins d’une qui a (fatale erreur !) mis son corset avant ses chaussures et ne peut plus se courber pour les fermer. On installe les chaises et les photographes commencent déjà à nous mitrailler. On est en retard, en retard, il y en a encore plein de pas prêtes, il est vingt heures et certains invités commencent à arriver : on ne pourra pas répéter !! Et ça, c’est assez horrible, même si pour le moment je ne stresse pas du tout, ça viendra plus tard ça.

L’heure tourne, la salle se remplit, on espère que les gens sont venus avec des amis parce que là il y a encore six filles qui ne sont pas prêtes… Dès qu’une d’elles arrive, on se jette dessus pour l’habiller le plus vite possible. Finalement, ça commence avec plus d’une heure de retard – comme un défilé pro, quoi (non ?). Je passe en troisième, je ne connais même pas la musique sur laquelle ça va se passer, mais hop c’est mon tour : pose en entrant, à la moitié du parcours, au bout, pareil dans l’autre sens, et j’ai l’impression de foirer complètement mon passage mais P. et les autres amis venus m’assurent ensuite que non, c’était bien, je suis juste passée un peu trop vite. Quand même… je suis presque plus stressée après qu’avant, le gros shoot d’adrénaline. Les filles s’enchaînent, on ne voit pas trop des coulisses mais ça a l’air d’aller, certaines savent très bien poser, d’autres sont plus comme moi – mais de toute façon les corsets sont plus magnifiques les uns que les autres et c’est ça l’essentiel. Mes préférés ? Le mien certes, et puis un vert d’eau à application verticale de dentelle noire sur le devant, un serre-taille rouge composé de bandes alternées de velours et de cuir, un bleu-gris avec de très jolies découpes et un volant mousseux de dentelle tout autour du haut, un à rayures crème et rouge passé très Marie-Antoinette, un blanc tout simple mais avec une super réduction de taille et porté sur une crinoline blanche et un débardeur noir avec des gants violets… Il faut des photos, pour se rendre compte.

Arrive le moment de la mariée : elle est la seule non corsetée, mais son partenaire l’est, lui ! Charlotte vient saluer avec eux, puis nous repassons toutes, sans nous arrêter, plein d’applaudissements, c’est fini, juste quelques dernières photos souvenir à prendre, dont un shoot très “équipe de rugby” ou “photo de classe”, nous toutes encorsettées et Charlotte au milieu.

Puis je me change vite fait et on rentre, moi toujours dans mon maquillage de star, et l’adrénaline toujours…

4 commentaires

  • Ça devait vraiment être magique, et somptueux!
    J’ai hâte de voir les photos :)
    zous

  • Ohlala, j’ai hâte de voir les photos!
    Merci de nous avoir fait vivre un défilé de l’intérieur…c’est bien moins glamour qu’on ne le pense et très fatiguant, c’est sûr!
    Grosses bises.

  • ce fut épique et amusant, visiblement ! heureusement qu’il existait une solidarité entre vous et non pas des pimbêches voulant tirer la couverture pour elle.

    tu as vécu une expérience cendrillon. une fois le défilé terminé, le carrosse redevient citrouille mais on garde les yeux emplis d’étoiles.

  • Une expérience Cendrillon, c’est tout à fait ça ! Merci pour cette jolie formule.


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