Le problème avec mon boulot de lectrice… Il y en a plusieurs, en fait. Le premier, c’est que je lis beaucoup MAIS que je ne peux pas en parler, parce qu’il y a quand même une certaine confidentialité à respecter. Je ne peux pas parler des bons livres qui peuvent intéresser mon éditrice, ni des mauvais que nous rejetons sans pitié (et c’est dommage, les romans abominables sont souvent très drôles à résumer). Tout ce que je peux dire, c’est que le flot du girlydark s’est heureusement un peu tari. Cela fait même plusieurs romans que je lis qui ne sont pas écrit à la première personne ! Parfois le personnage principal est masculin ! Je sais, c’est fou.
L’autre problème, c’est que la lecture sur commande interfère sérieusement avec mes lectures personnelles. J’avais mis deux semaines à finir Neuromancien, pas parce que j’avais du mal, mais parce que je devais continuellement m’interrompre et lire d’une traite un roman jeunesse. Et c’est très difficile de se replonger au milieu d’une histoire qu’on a quittée, de reprendre le rythme, quelle que soit la qualité du livre.
Donc voilà. Je suis un peu embêtée de ne pas parler de bouquins autant que je le voudrais, mais je ne peux pas. Et les frivolités prennent une place disproportionnée, parce qu’au moins les photos de mes tenues ne risquent pas de causer une crise diplomatique.


7 commentaires
23 juin 2008 à 09:32
c’est normal que le lien caché derière le mot “girlydark” soit protégé par un mot de passe ?
23 juin 2008 à 09:33
*”derrière” of course
23 juin 2008 à 11:27
Absolument pas… Je vais modifier ça tout de suite (mais de toute façon ce n’est pas un scoop, juste le post que j’avais fait sur cette tendance de la “teen-lit” qui m’énerve pas mal).
23 juin 2008 à 16:15
Très drôle ton sujet girlydark. Cela me fait penser aux romans harlequins et autres romans à l’eau de rose.
On retrouve :
- une jeune femme, en général jolie et avec un certain caractère bien trempé.
- puis, arrive la rencontre fortuite avec un homme d’un horizon différent de celui de la jeune femme. Il est qq peu rebelle, et il a qqch de particulier de sorte qu’il ressort du lot
- au départ, tout les oppose. Elle, la JF ne peut absolument pas supporter le beau mâle. Il lui semble un peu trop impétueux, sûr de lui. Elle n’a pas l’habitude de cela. En général, c’est elle, la femme de caractère qui impose son point de vue aux autres. là, elle se sent un peu en danger. Le lecteur est censé sourire, en se demandant comment la situation se retournera t’elle en faveur de notre beau héros.
- En effet, oui bien sûr qu’à la fin la situation connaît un revirement. Oui, bien sûr, la femme tombe dans les bras de cet homme avec qui pourtant tout était mal parti. oui, bien sûr le lecteur est content d’avoir frôlé le torse musclé du héros via l’héroïne à laquelle, la lectrice s’identifie.
C’est drôle de réussir à retrouver toutes les étapes de ce schéma/ canevas dans la lecture de ces romans.
23 juin 2008 à 16:45
C’est exactement ça ! Je trouve ça à la fois drôle et un peu effrayant : voulons-nous vraiment imprégner de très jeunes adolescentes (la cible principale va au collège) de ce type de schémas ? C’est vraiment une question qui se pose dans la littérature pour la jeunesse, avec le double problème de l’harlequinade et du très américain.
Ca donne des scènes où, par exemple, l’héroïne est invité par le beau ténébreux à la pizzeria du coin. OMFG! Un “date”!! Et aussitôt de se tartiner de maquillage en se demandant si ce jean lui fait un gros cul, avant que le garçon qui vient la chercher n’ait droit à la conversation traditionnelle avec le gentil papa qui a quand même bien du mal à voir grandir sa fifille (laquelle a bien évidemment la honte). Oh, et l’idée omniprésente du mariage, aussi. Et le name-dropping de marques (ça, en France, on essaie d’éviter).
Il y aurait un mémoire à faire sur l’image de l’adolescente dans ce type de bouquin…
23 juin 2008 à 19:08
Vaste sujet intéressant pour un mémoire, en effet.
Dans le même style, on pourrait aussi s’interroger sur les images que l’on donne aux adolescents pour modèle (cf. modèle star ac’, real tv de manière générale, séries tévé avec des personnages stéréotypés, société paillettes-bling bling de réussite prétendument facile en un claquement de doigts et où afficher des marques est de mise).
tout est lié et cela se retrouve aussi dans la littérature comme ailleurs. enfin, jdis çà, jdis çà, jdis rien.
s’agissant du côté effrayant, je partage ton point de vue, mais là encore, c’est un autre vaste sujet.
vaut-il mieux :
1- que ces ados s’abreuvent de ce genre de lecture qui ne sont certes pas forcément des chefs d’oeuvre mais que grâce à cela, ils fassent au moins l’effort de lire. on peut alors espérer qu’ils auront ensuite le goût de lire autre chose au fur et à mesure.
ou
2- que ces ados ne lisent pas du tout ?
pour donnez votre avis, tapez 1 ou tapez 2 par smssssss à 13,72 euros HT !
25 juin 2008 à 12:53
Oui, c’est le noeud du problème. Et puis il y a aussi, tout bêtement, l’obligation pour l’éditeur de réussir à faire du chiffre (ou à se maintenir à flot, selon le cas). Ce qui, bien souvent, implique des compromis… Evidemment, je suis pour la lecture en général, ne serait-ce que parce qu’on en perd l’habitude c’est très difficile de “remonter en selle”. Et je suis consciente que ce n’est pas un roman publié ou non qui va changer grand chose, dans la mesure où les ados baignent déjà dans ce que tu décris. Mais ça n’empêche pas les interrogations – et les rapports de lecture assassins
Sinon, mon autre sujet de mémoire virtuel est : ce que les manuscrits médiocres nous apprennent de l’imaginaire collectif de notre société. Il y a des thèmes qui reviennent de façon très frappante…