mai 17, 2008...9:21

The Retro Manifesto

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Adopter un style rétro, c’est aller à contre-courant non seulement de la mode, mais d’un certain nombre de tendances plus profondes de notre société. Depuis la fin des années 60, en gros, nous sommes en effet allé vers une simplification croissante. Simplification des codes sociaux : le tutoiement devient presque systématique, on vient en jeans au bureau ou à l’opéra, etc. Simplification des vêtements : on a éliminé peu à peu les vêtements peu pratiques ou « superflus » (c’est particulièrement sensible pour les sous-vêtements, qui comprenaient autrefois combinaison et/ou jupon, gaine ou porte-jaretelles, bas qui-ne-tiennent-pas-seuls) pour tendre vers un idéal de légèreté, de liberté de mouvement, presque de nudité.
Le rétro, c’est l’inverse. C’est presque une recherche de contraintes – qui s’avèrent finalement pas si contraignantes que ça, et parfois même plus confortables, comme peuvent l’attester celles qui ont abandonné le collant pour le porte-jaretelles. Il s’agit juste de savoir un peu ce qu’on fait (parce que oui, un porte-jaja mal choisi et mal porté, ça peut être désagréable) et de s’efforcer d’abandonner les réflexes inculqués par la société moderne. Ne plus sauter dans un jeans par défaut : une jupe c’est au moins aussi confortable, et souvent plus flatteur, ce qui booste le moral. Jeter tous ses jeans, tiens. En garder juste un, au fond du placard, pour les balades en VTT et les déménagements, parce qu’il y a des fois où il faut être réaliste.
Le style rétro, c’est une forme de dandysme, si l’on souscrit à ma définition personnelle qui veut que le dandysme soit un sacrifice quotidien à l’esthétique choisie. Sacrifice du plus pratique, qui est souvent le plus laid. Attention maniaque aux détails (un exemple : j’ai des mouchoirs en papier dans mon sac, mais pas dans leur hideux étui plastique, non, dans une petite pochette en cuir). C’est une forme d’ascèse, au moins dans un premier temps. Au bout d’un moment, cela devient juste une façon de vivre.
Je ne prétends pas incarner le style rétro. J’ai des rechutes, parfois. Mais c’est un idéal vers lequel je tends de plus en plus. Parce que pour moi, la femme qui s’habille le mieux, la fashion icon absolue, ce n’est pas Kate Moss – c’est Marlene Dietrich.

4 commentaires

  • J’aime beaucoup ta note.
    Il est vrai que la praticité des vêtements d’aujourd’hui est indéniable…mais a moins de charme (à moins de s’offrir de belles robes de créateurs à des prix astronomiques…je ne sais pas toi mais je n’en ai pas les moyens).
    Pour moi une robe est bien plus confortable qu’un jean, c’est vrai.
    Mais se laisser aller de temps en temps c’est tellement bon aussi!
    Grosses bises.

  • Je me laisse aller surtout en vacances, quand j’ai plus envie de pouvoir marcher des heures par tous les temps que de faire ma belle ! Là, c’est jeans, chemisier et Dr Martens… Sinon, j’essaie de toujours faire un effort, parce qu’on perd vite l’habitude autrement. Et quand je traîne à la maison, c’est en yukata : ce vêtement est pour moi la synthèse parfaite du raffiné et du confortable.

  • La simplification, je n’aurais pas dit mieux! Je me souviens encore de ma prise de contact avec une étudiante en sciences politiques, qui faisait sensiblement le même cursus que moi (du moins celui que je souhaite, à savoir le concours de l’EHESP), je l’ai dans un premier temps vouvoyée parce que c’est comme ça que l’on m’a éduquée, elle en était très surprise…
    Simplification des relations amoureuses, aussi, dans lesquelles tout va trop vite, trop facile, on en oublie presque que la séduction n’est pas une affaire de minutes, mais de charme, de tempérament, de jeux de regards, ces instants délicieusement illicites pendant lesquels tout semble possible, en suspens.
    Ah, et pour les vêtements, de ce que j’ai pu voir sur ton blog, j’aime beaucoup ton style: pour ma part je suis une adepte des robes anglaises à l’ancienne, féminines et délicates, avec leurs broderies et leur petit jupon, qui dévoilent sans en faire trop (je déteste l’étalage de chair)
    Bises

  • Tout à fait ! Et autant je ne souhaite pas que l’on rétablisse la tyrannie des règles sociales anciennes (franchement, heureusement que les relations amoureuses peuvent se vivre de façon plus libre, par exemple), autant je trouve dommage de TOUT jeter. Abolir tout ce qui n’est pas basique, c’est aussi un peu limiter son horizon… Un peu comme avec la cuisine ! D’accord, confectionner un bon petit plat prend plus de temps et demande plus d’efforts que de décongeler une pizza. Mais le résultat est incomparable. Et ça n’empêche pas de se décongeler aussi une pizza de temps en temps. (Theremina ou l’art de la métaphore.)
    Que veux-tu dire par “robes anglaises” ? Je ne vois pas de quoi il s’agit… Par contre, j’approuve le jupon et le dévoilement subtil, comme tu t’en doutes.

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