avril 23, 2008...9:55
Let’s read again
Je lis, je lis, et je ne travaille pas. Je commence à avoir mauvaise conscience à vrai dire. D’accord, j’ai des excuses : mon ordi qui est mort, ce qui me force à squatter celui de P. C’est bête; mais je ne me sens pas confortable pour travailler dessus. Ce n’est pas mon ordi, ça ne va pas. Bref…
Lectures, donc. Fini The Grand Tour de Caroline Stevermer et Patricia C. Wrede, la suite de Sorcery and Cecelia or, The Enchanted Chocolate Pot (j’adore ce titre). Ca se passe au début du 19e siècle, dans une Europe où la magie existe et donne même lieu à des études très sérieuses et à la Royal Society of Magic, un peu dans le genre de Jonathan Strange & Mr Norrell (traduit en français, lui). Les héroïnes sont deux cousines anglaises dans un style Elizabeth Bennet (d’Orgueil et Préjugés bien sûr) : à la fois respectueuses des conventions de l’épouqe, mais avec un regard ironique et n’hésitant pas à y faire quelques entorses quand c’est nécessaire… Le premier roman était un échange épistolaire entre Kate, partie à Londres faire ses débuts, et Cecelia, restée dans leur manoir campagnard, qui se retrouvent face à un complot magique. Bien sûr elles s’en mêlent, à coups d’éventail oublié dans la bibliothèque pour dérober un livre interdit, et autres stratagèmes. C’était drôle et agréable. Le deuxième tome, où elles sillonnent l’Europe en voyage de noces, l’est aussi, bien que la narration passe maintenant par des extraits alternés de leurs journaux intimes, moins vifs que leurs lettres.
Pas traduit bien sûr, mais dans le même esprit et toujours de Caroline Stevermer il y a L’équilibre des ancres paru chez les excellents Moutons Electriques.
Et puis là je suis en train de lire Sur le toit du monde : Hors-la-loi et aventuriers au Tibet de Peter Hopkirk. Au premier abord on peut se dire que je suis ici loin de mes lectures habituelles, pleines de fantastique et de complots. Et en fait non : le récit des premières tentatives étrangères pour cartographier cette région inconnue et pénétrer dans Lhassa l’interdite est digne des plus grands romans d’aventures, ou d’une BD de Corto Maltese. C’est absolument épique, tragique souvent, et fascinant car on remonte ainsi à l’époque où le Tibet n’était pas occupé par la Chine, et où c’était vraiment une enclave presque complètement coupée du mond extérieur. Bien sûr, l’ouverture du pays est une déception, comme l’arrivée à Lhassa, ville infestée de mendiants mutilés et crasseuse au possible (l’éclairage avec des lampes au beurre a le désagréable effet secondaire de laisser un film de graisse sur tout). Mais c’est le voyage qui vaut le coup.


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