avril 18, 2008...5:28

En retard, en retard…

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Tout le monde l’a déjà vue je pense. Elle finit ce week-end, c’était un peu ma dernière chance d’aller voir l’expo Christian Lacroix au Musée des Arts Décoratifs. Ce que j’ai fait, donc.

Autant le dire tout de suite, j’ai été partagée entre émerveillement et frustration. J’ai beaucoup aimé le concept de l’expo : présenter les vêtements choisis par Lacroix dans les collections du musée en les classant, non par époque ou couturier, mais par thème (couleurs, rayures, patchwork, historicisme etc. : une douzaine en tout). Cela m’a fait penser à Pattern Recognition, un blog aux merveilles qui rapproche des oeuvres d’art, photos, dessins, à travers des motifs récurrents. Une méthode qui fait porter un regard différent sur ces vêtements, permet de discerner les clins d’oeil et jeux de miroir, de prendre conscience aussi des éléments typiques de telle ou telle période, soulignés par le rapprochement anachronique avec une autre pièce.

Les vêtements sont la plupart du temps simplement pendus à des portants, il n’y a que peu de mannequins. On a presque l’impression de se trouver dans une boutique. Et c’est là que la frustration commence. On voudrait toucher, ça a l’air si proche ! On voudrait surtout écarter les habits du portant, sortir le cintre, pour pouvoir détailler chaque pli et chaque broderie que l’on entraperçoit à peine - car les pièces sont souvent très serrées, on ne les voit que de profil ou à condition de se démancher le cou, en particulier quand il y a des mannequins placés devant les portants. Certaines vitrines sont pourvues de jeux de miroirs pour permettre de voir le vêtement sous divers angles, mais ce sont des miroirs déformants… Quant à l’idée de présenter le thème “Noir” sur un fond noir, je laisse imaginer la visibilité.

A part ça, les pièces sélectionnées sont somptueuses, et le classement par thèmes donne des résultats souvent d’une grande poésie : la vitrine “Blanc” toute fantômatique, alignant les dentelles des tea gowns édouardiennes, la vitrine “Araignée” aux robes noires proprement arachnéennes, les vitrines “Historicisme” où j’ai été séduite par une robe empire crème avec corselet de velours rouille et par un manteau beige 1900 aux proportions parfaites… Et les textes de Lacroix, qui accompagnent la visite et développent chaque thème sont infiniment évocateurs, presque comme s’ils avaient un parfum…

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