avril 17, 2008...12:19
Comment écrire un roman girlydark
“Girlydark”, c’est comme ça que je les surnomme. Ce sont les romans pour ados que je dois fiche-de-lecturer en tant que lectrice de l’anglais pour une collection de fiction jeunesse. Comme chacun sait, les lecteurs sont avant tout des lectrices, et le surnaturel marche très fort dans la jeunesse pour l’instant (voir Harry et compagnie). Prenez ces deux éléments, secouez-les très fort et vous obtenez du girlydark, de la teen chick-lit teintée de fantastique.
Le grand succès du genre, c’est la trilogie de Stephenie Meyer traduit chez Hachette : l’histoire d’une jeune fille qui tombe éperdument amoureuse d’un beau vampire. Contenu mis à part, les couv’ sont très très jolies, il faut le reconnaître.

Surtout, cette trilogie réunit absolument tous les éléments dont vous avez besoin pour faire un bon roman girlydark (et, qui sait, toucher le jackpot) :
- Une héroïne de seize ans, très jolie, intelligente et sympa, mais timide et pas très bien intégrée (la lectrice s’identifie direct)
- Une narration à la première personne par l’héroïne (pour renforcer l’identification)
- Un cadre à la fois un peu étrange (ici : une petite ville isolée où il pleut tout le temps) et très familier (tout se passe dans un lycée digne d’Hartley Coeurs à vif, en moins ensoleillé donc
- Un super beau gosse (il faudra, plus tard, pouvoir fantasmer sur son torse marmoréen), mais très mystérieux, solitaire, différent des autres garçons avec leurs préccupations terre à terre et banales
- Assez vite, la révélation que le super beau gosse est un être surnaturel (ici donc un vampire), ce qui lui donne l’aura du danger (la lectrice aime les bad boys) et explique pourquoi l’histoire d’amour va être torturée et aura besoin de trois tomes au moins pour se déployer
- Introduire aussi assez vite un triangle amoureux : l’héroïne est tiraillée entre le dangereux homme idéal et le gentil garçon normal (je vous le dis tout de suite, le gentil garçon n’a pas une chance)
Et voilà, ça roule ! Après, si on veut raffiner, on mentionnera aussi les parents sympas mais assez aveugles, les copines gloussantes, l’épineux problème du sexe (chez Stephenie Meyer on ne couche pas, mais ça peut être différent) et de la robe qu’on va porter à la prom.
Je suis mauvaise langue. C’est quand même assez sympa à lire, dans le même genre que des bonbons bien sucrés : agréable, mais mieux vaut ne pas abuser.


Un commentaire
juin 23, 2008 à 11:29
[...] sont souvent très drôles à résumer). Tout ce que je peux dire, c’est que le flot du girlydark s’est heureusement un peu tari. Cela fait même plusieurs romans que je lis qui ne sont pas [...]
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