avril 15, 2008...9:31
De choses et d’autres
De retour, donc. La valise lestée de paquets Ikea (dont une nouvelle chaise pour mon bureau - et non de bureau - bleu canard), le ventre lesté aussi de meringues aux framboises et autres mousses aux petits poiset au céleri confit. J’aurais dû prendre des photos, c’était aussi beau que bon. Et il y a même eu du soleil ! (un peu)
Après… le truc avec la famille, c’est qu’on est aussi content de la retrouver que de la quitter. Rien ne vaut mon petit nid à moi, même s’il n’a pas de baignoire…
J’ai lu aussi (bien sûr). Fini La Lune et le Roi-Soleil, que je recommande chaudement. Une uchronie comme je les aime, avec le bon mélange d’historique et de fantastique, du suspense, des personnages intelligents et surprenants. Même la traduction française est bonne, ce qui est loin d’être toujours le cas ! Et puis je ne résiste pas à la juxtaposition de la cour de Versailles, avec son luxe (public en tout cas), ses robes folles, son étiquette rigide, sa sensualité plus ou moins réprimée, et de la sirène monstrueuse, qui tient du lamentin et du poisson des abysses, mais dont la bouche aux dents aigües laisse s’échapper un chant ensorcelant… C’est l’effet “la Belle et la Bête”, je suppose.
Fini aussi Swordspoint d’Ellen Kushner, qui sera bientôt traduit dans la collection Interstices de Calmann-Lévy. Un roman qui a vingt ans et pour lequel on a créé un sous-genre : le mannerpunk (sur le modèle du cyberpunk et du steampunk), qui désigne une fantasy élégante, sous-tendue avant tout par les intrigues et les relations sociales, l’étiquette même, plutôt que par les quêtes, magie et batailles de la fantasy à la Tolkien. Il y a un petit côté Austen ou baronne Orczy dans ces romans, qui pourraient presque être des romans historiques, si les sociétés dans lesquels évoluent les personnages n’étaient pas complètement fictives. Chez Kushner, c’est une ville sans nom, divisée entre les beaux quartiers de Hill et les taudis de Riverside, où la Garde même ne pénètre pas. Richard St Vier, duelliste professionnel, y habite avec Alec, son mystérieux amant à la langue acerbe. Dans le complexe système de la cité, les duellistes sont engagés par les nobles pour mener leurs duels à leur place, jusqu’à la mort souvent. Mais quand Richard se retrouve pris dans les jeux politiques des nobles, cela menace de tourner très mal pour lui… C’est un univers riche et complexe, d’une très grande beauté, et une description saisissante de l’aristocratie. En attendant donc qu’il soit traduit, Mémoire vagabonde et (surtout) La voie du cygne de Laurent Kloetzer offrent le même charme d’intrigues tortueuses et sensuelles dans les ruelles tout aussi tortueuses de sa cité de Dvern.



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